Le Plan Marshall Dissertation Sample

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Histoire – Documents d’Histoire

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“Le plan Marshall, 1947”

Sujet

                Les chemins de la puissance : Les États-Unis et le monde.

Consigne

Vous montrerez dans quelles mesures ce document illustre le rôle que les États-Unis entendent jouer dans le monde après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Document « Le Plan Marshall, 1947. »

« Je n’ai pas besoin de vous dire, Messieurs, que la situation mondiale est très grave. Cela est bien évident pour tous les gens intelligents. […]

[…] les pertes en vies humaines, les destructions de villages, d’usines, de mines et de voies ferrées ont été estimées de façon assez exacte, mais il est devenu évident […] que ces destructions visibles sont probablement moins graves que la dislocation de toute la structure de l’économie européenne. […] Mais, même si une solution plus rapide de ces problèmes difficiles était acquise, la reconstruction de la structure économique de l’Europe demandera évidemment beaucoup plus de temps et des efforts plus grands que nous ne l’avions prévu. […]

La vérité, c’est que les besoins de l’Europe pendant les trois ou quatre prochaines années en vivres et en autres produits essentiels importés de l’étranger – notamment d’Amérique – sont tellement plus grands que sa capacité actuelle de paiement qu’elle devra recevoir une aide supplémentaire très importante ou s’exposer à une dislocation économique, sociale et politique très grave. […]

En dehors de l’effet démoralisant qu’a le désespoir des peuples […], les conséquences de cette situation pour l’économie des Etats-Unis devraient être évidentes pour tous. Il est logique que les Etats-Unis doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle la stabilité politique et la paix assurée sont impossibles. Notre politique n’est dirigée contre aucun pays, aucune doctrine, mais contre la famine, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Son but doit être la renaissance d’une économie active dans le monde, afin que soient créées les conditions politiques et sociales où de libres institutions puissent exister. […] Tout gouvernement qui intrigue pour empêcher la reprise économique des autres pays ne peut espérer recevoir notre aide. De plus, les gouvernements, les partis et les groupes politiques qui cherchent à perpétuer la misère humaine pour en tirer un profit sur le plan politique ou sur les autres plans se heurteront à l’opposition des Etats-Unis.

[…] Il ne serait ni bon ni utile que ce gouvernement entreprenne d’établir de son côté un programme destiné à remettre l’économie de l’Europe sur pied. C’est là l’affaire des Européens. L’initiative, à mon avis, doit venir de l’Europe. Le rôle de ce pays devrait consister à apporter une aide amicale à l’établissement d’un programme européen, et à aider ensuite à mettre en œuvre ce programme dans la mesure où il sera possible de le faire. Ce programme devrait être général et établi en commun par un grand nombre de nations européennes, sinon par toutes. […] »

 George MARSHALL, secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique, 5 juin 1947, Harvard University, Massachussetts, États-Unis d’Amérique. SOURCE : Fondation Jean Monnet pour l’Europe et Centre de recherches européennes, Lausanne

DEUXIÈME PARTIE Analyse critique d’un document d’Histoire 

Sujet : Les chemins de la puissance : Les États-Unis et le monde. « Le Plan Marshall, 1947. »

Consigne

Vous montrerez dans quelles mesures ce document illustre le rôle que les États-Unis entendent jouer dans le monde après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). 

                Le document intitulé « Le Plan Marshall, 1947 » est un extrait du discours prononcé le 5 juin 1947 devant la Harvard University (Massachussetts, États-Unis) par le général George MARSHALL, ancien chef d’État-major des forces armées américaines pendant le Seconde Guerre mondiale (1939-1945), et nommé au poste de Secrétaire d’État par le président (démocrate) Harry TRUMAN (1945-1952). Depuis le célèbre discours de Winston CHURCHILL à Fulton (Missouri, 1946) sur le « rideau de fer » tombé en Europe et dénonçant les manœuvres de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) pour s’emparer de l’Europe de l’Est, les tensions se sont accumulées entre les deux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. En mars 1947, dans son discours sur l’état de l’Union, le président TRUMAN a implicitement dénoncé les agissements soviétiques en Grèce et en Turquie. Le Congrès avait déjà autorisé une aide financière d’urgence pour ces deux pays, ce qu’on appelle la « doctrine Truman ».

Le Programme de Rétablissement Européen (ERP, European Recovery Program) que propose George MARSHALL s’inscrit donc dans la durée mais marque une rupture dans la tradition diplomatique américaine, y compris dans la politique étrangère de l’administration ROOSEVELT-TRUMAN. George MARSHALL en effet propose à l’élite dirigeante de la côte Est, les White Anglo-Saxons Protestants (WASP) d’intégrer fortement l’économie et la diplomatie américaines aux économies européennes et de solidariser les intérêts américains et européens, au mépris de ce qu’on appelé le « testament de WASHINGTON » : comment s’y prend-il ?

                Le général George MARSHALL commence par dresser un tableau apocalyptique de la situation économique et sanitaire de l’Europe (I.), deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), puis (II.) il rappelle la conception de l’administration TRUMAN en matière de régulation économique mondiale, enfin (III.) il pose les fondements majeurs de ce qui va s’appeler ensuite le « Plan Marshall ».

*         *         *

                George MARSHALL commence par dresser un tableau apocalyptique de la situation en Europe, deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que les grands procès des dignitaires ennemis (Nuremberg 1946-1947 et Tokyo 1947-1948) sont en passe de marquer la disparition des derniers vestiges de l’Axe. Pour le Secrétaire d’État américain cependant, aucun signe encourageant n’apparaît. Il déclare sans ambages : « la situation mondiale est très grave […] » (Ligne 1), même s’il ajoute un peu perfidement, devant un auditoire universitaire assez proche idéologiquement de l’administration ROOSEVELT (1932-1945) et TRUMAN (1945-1952), « […] Cela est bien évident pour tous les gens intelligents. […] » (Lignes 1&2). L’Europe se situe dans une position particulièrement critique ; « […] la reconstruction de la structure économique de l’Europe demandera évidemment beaucoup plus de temps et des efforts plus grands que nous ne l’avions prévu […] » (Lignes 6 et 7). Si les premières lignes du discours de George MARSHALL peuvent apparaître comme une liste d’évidences (La guerre a causé de grandes destructions), l’argumentation, neuve, est assez subtile : certes la guerre a été meurtrière (« […] les pertes en vies humaines, les destructions de villages, d’usines, de mines et de voies ferrées ont été estimées de façon assez exacte […] », lignes 3 & 4), mais ce n’est pas l’ampleur des destructions qui inquiète que l‘incapacité de l’Europe, et à sa suite tous les territoires qui en dépendent, à se sortir de la crise systémique dans laquelle la guerre l’a plongée (« […] ces destructions visibles sont probablement moins graves que la dislocation de toute la structure de l’économie européenne […] », lignes 4 et 5). George MARSHALL reprend là une argumentation que l’establishment WASP connaît bien pour l’avoir entendue pendant les années de la « Grande Dépression » consécutive à la crise de 1929 et qui avait amené ROOSEVELT au pouvoir et la mise en place du « New Deal » : une crise systémique ne permet plus au marché de retrouver l’équilibre par l’effet de la « main invisible » (1776, SMITH, De la richesse des Nations) mais nécessite une intervention extérieure. John Maynard KEYNES avait déjà théorisé l’impératif d’intervention de l’État. L’auditoire est donc en terrain connu. Reste à le convaincre que la situation catastrophique de l’Europe, dont elle ne pourra se sortir seule (« […] (Les) besoins de l’Europe pendant les trois ou quatre prochaines années […] sont tellement plus grands que sa capacité actuelle de paiement  […] », lignes 8 à 10) engage les États-Unis. George MARSHALL, qui s’adresse à un public cultivé et qui s’attend donc à une argumentation un peu subtile, ne se contente pas d’avancer les impératifs commerciaux en citant le cas des « […] produits essentiels importés de l’étranger – notamment d’Amérique […] » (Lignes 9) ou en rappelant que la première économie du Monde capitaliste, en compétition avec l’URSS pour le leadership mondial, doit faire la preuve de son dynamisme et de sa supériorité (« […] les conséquences de cette situation pour l’économie des Etats-Unis devraient être évidentes pour tous […] », lignes 12 et 13). La situation est critique du point de vue géopolitique également : l’URSS s’est avancée au cœur de l’Europe, l’Est de la ligne Oder-Neisse, l’Autriche et tous les pays de l’Europe centrale et orientale sont sous son contrôle. L’Armée Rouge de STALINE est restée sur place, et contre les accords de Yalta (Février 1945), les Soviétiques mènent dans les territoires qu’ils contrôlent une politique d’élimination physiques des opposants (« […] Tout gouvernement qui intrigue pour empêcher la reprise économique […] », lignes 17 et 18). Le cas est flagrant en Pologne et en Tchécoslovaquie. En France, en Allemagne, en Italie, des Partis Communistes puissants organisent des grèves qui perturbent fortement les économies et déstabilisent les fragiles pouvoirs en place (« […] les partis […] qui cherchent à perpétuer la misère humaine […] », lignes 21&22). On craint une subversion communiste qui balaierait les démocraties libérales et le système capitaliste d’Europe continentale.

                George MARSHALL lie la situation économique de l’Europe au projet onusien de paix et de stabilité dans le monde. L’analyse de l’administration TRUMAN dépasse le simple cadre de la situation critique de l’Europe, et rappelle l’ambition de Brettons Wood (1944). Bâtir un système de régulation et de développement mondial qui, d’une part, permette de ne pas répéter les errements des dévaluations compétitives des années 30’ (C’est le rôle du Fonds Monétaire International, FMI) et qui, d’autre part, permette aux États de mettre en œuvre de vastes programmes de reconstruction en ayant un accès facilité au crédit (C’est le rôle de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement, BIRD, première institution du World Bank Group de Washington). Un système de gouvernance économique mondiale qui s’intègre par ailleurs dans un ensemble plus vaste de régulation des conflits, et qu’incarne cette fois l’Organisation des Nations Unies (ONU) fondée à San Francisco (1945) et dont la première session (1946) à eu lieu dans son siège américain (New York). Théoriquement au moins, le président de la BIRD et le directeur du FMI sont dépendants du Secrétaire général de l’ONU. Les États-Unis se sont volontairement placés au centre d’un système global de gouvernance mondiale, ce qui, on s’en doute, entraîne un certain nombre de responsabilités. Et c’est au nom de ces responsabilités que George MARSHALL propose aux Américains d’intervenir dans les affaires européennes. Il rappelle un des piliers de la Déclaration des Nations Unies (1942), condensé des convictions idéologiques de l’administration ROOSEVELT-TRUMAN : la misère conduit aux régimes totalitaires (« […] l’effet démoralisant qu’a le désespoir des peuples […] », ligne 12), et les régimes totalitaires à la guerre, qui veut écarter le fléau de la guerre doit donc éloigner les hommes de la misère (« […] la renaissance d’une économie active dans le monde, afin que soient créées les conditions politiques et sociales où de libres institutions puissent exister […] », lignes 16 et 17). Cette conviction que la croissance économique forme le socle de la démocratie et de la paix est rappelée fréquemment : il faut, déclare par exemple George MARSHALL « […] rétablir la santé économique du monde, sans laquelle la stabilité politique et la paix assurée sont impossibles […] » (Lignes 14 et 15). Pour les dirigeants américains, la croissance c’est la paix. Mais les dégradations de la guerre sont telles que la croissance ne peut revenir sans une aide majeure de la puissance la plus riche. Deux objections auraient pu être faites par les conservateurs américains, traditionnellement opposés à l’interventionnisme, aux propos du Secrétaire d’État : pourquoi les institutions de Brettons Wood, justement mises en place dans cette optique de stabilisation économique et politique mondiale, ne suffisent pas ? Et pourquoi seulement l’Europe et pas aussi l’Asie, la Chine par exemple ? George MARSHALL, qui avait été dans les années 1930’ attaché militaire des États-Unis d’Amérique en Chine auprès de TCHANG Kai-Tchek avait une piètre estime pour le régime nationaliste et avait déconseillé à l’administration TRUMAN de s’engager plus avant. L’aide américaine fut militaire et minimale. Le Japon et la Corée du Sud suffisaient dans l’immédiat. Quant à la situation de l’Europe, et dont via ses colonies dépendait une large partie du monde, George MARSHALL l’avait indiqué précisément : « […] la reconstruction de la structure économique de l’Europe demandera […] plus de temps et des efforts plus grands que nous ne l’avions prévu.  […] » (Lignes 6 et 7). Les institutions de Brettons Wood n’étaient pas prévues pour une situation si critique. Il fallait donc un programme spécifique. C’est ce programme que le Secrétaire d’État américain expose dans la dernière partie de l’extrait, qui est aussi la dernière partie de son discours.

                Ce qu’on appelle désormais le « Plan Marshall » est relativement bien détaillé dans le discours du Secrétaire d’État. Le Programme de Rétablissement Européen (PRE) va constituer en une aide de près de 13 milliards de dollars or (1947) versés sous forme de dons (90%) mais initialement sous la forme d’un prêt à taux zéro sans échéance de remboursement (10% des sommes allouées entre 1948 et 1952). Cette forme étrange d’un prêt à taux zéro remboursable à discrétion est choisie pour ménager les susceptibilités d’un Congrès et d’une opinion publique qui pensent largement que l’aide militaire et financière durant la guerre constituent en soi une aide appréciable. L’originalité de la disposition américaine vient de ses modalités pratiques, une demande européenne dit George MARSHALL (« […] C’est là l’affaire des Européens. L’initiative, à mon avis, doit venir de l’Europe.  […] » lignes 22 et 23). Ce sera l’Organisation Européenne de Coopération Économique (OECE, 1948), prélude à la construction européenne, chargée de distribuer les montants de l’aide américaine aux pays bénéficiaires. Nés dans le sillage de l’entreprise américaine de renforcement de la coopération européenne, le Conseil de l’Europe (1949) issu des débats du Congrès de La Haye (1948), l’Union Occidentale (Pacte de Bruxelles, 1948) à but militaire, et enfin la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA, 1951) permettent de resserrer les liens entre les alliés européens des États-Unis, qui ont tous le même protecteur mais qui trois ou quatre ans auparavant étaient ennemis. Qu’on songe qu’en cinq ans les pays vaincus (Italie, République Fédérale d’Allemagne, RFA) sont revenus sur la scène diplomatique européenne et bénéficient du Plan Marshall (11% à destination de l’Italie, 10% à destination de la RFA, 25% en tout à des États membres de l’Axe…). Le vœu de l’administration TRUMAN (« […] Ce programme devrait être général et établi en commun par un grand nombre de nations européennes, sinon par toutes […] », lignes 25 et 26) se réalise partiellement : il révèle la fracture géopolitique de l’Europe : l’Ouest accepte l’aide, l’Est sous la férule soviétique la refuse. Le Plan Marshall ne créé évidemment pas cette cassure européenne mais il aide à la dessiner. Il y a désormais deux Europe. Celle de l’Ouest est capitaliste, libérale et sous protection américaine. Bien sûr, derrière la semi-fiction d’une autogestion européenne, la présence américaine est palpable : George MARSHALL l’annonçait explicitement d’ailleurs : « […] Le rôle […] devrait consister à apporter une aide amicale à l’établissement d’un programme européen, et à aider ensuite à mettre en œuvre ce programme dans la mesure où il sera possible de le faire. […] » (Lignes 24 et 25). Aide pour établir un programme d’appui au redécollage économique de l’Europe, aide pour son application, nul n’est dupe : l’économie européenne va être sous perfusion directe des États-Unis jusqu’à ce qu’elle soit capable de fonctionner normalement. On a, depuis longtemps, beaucoup glosé sur les contreparties commerciales et financières espérés par les États-Unis : on sait que les fabricants de tabac vendirent leurs cigarettes « blondes » qui remplacèrent les « brunes » moins addictives mais réservées jusque là à une population masculine adulte. On sait aussi (MITCHELL, Carbon democracy, 2011) que le passage d’une économie charbonnière à une économie pétrolière fut favorisée par les produits du plan Marshall, dans le domaine ferroviaire notamment. La transition vers le pétrole affaiblissait les syndicats européens dont les mineurs constituaient les gros bataillons, et avantageait les majors pétrolières, essentiellement anglo-saxonnes. Rien de cela ne valu cependant autant pour l’administration américaine que le maintien dans la sphère libérale du second pôle industriel et financier mondial qu’était l’Europe de l’Ouest, un atout géostratégique majeur pour les États-Unis durant toute la « Guerre froide ».

*         *         *

                L’année 1947 voit commencer la « Guerre froide » (1947-1991) : doctrine TRUMAN (mars), plan MARSHALL (juin) et doctrine JDANOV (octobre). Comme le souligne Harry TRUMAN dans ses Mémoires (1955), les décisions prises par son administration cette année là formèrent le tournant décisif de la politique étrangère américaine. George MARSHALL, en orchestrant un plan d’aide de longue durée et de grande ampleur à destination des pays européens sous pilotage américain, faisait intervenir les États-Unis en Europe, au mépris de la doctrine des « pères fondateurs », rompait ainsi avec l’isolationnisme traditionnel. Désormais, les États-Unis assumaient leur statut de première puissance mondiale, et assumaient avec lui toutes les servitudes qui allaient de pair.

© Erwan BERTHO & Ronan KOSSOU (décembre 2015, révision janvier 2016, révision juin 2017)

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3.2.1 Bac Blanc Général 12.2015

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3.2.3 Bac Blanc Général 12.2015_Correction_Plan_Marshall

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Le plan Marshall (après son élaboration, il fut officiellement appelé « Programme de rétablissement européen », en anglaisEuropean Recovery Program : ERP) était un programme américain de prêts accordés aux différents États de l'Europe pour aider à la reconstruction des villes et des installations bombardées lors de la Seconde Guerre mondiale. Ces prêts étaient assortis de la condition d'importer pour un montant équivalent d'équipements et de produits américains. En quatre ans, les États-Unis versent à l'Europe 16,5 milliards de dollars.

L'administration Truman le préféra au plan Morgenthau qui prévoyait de faire payer les réparations par l'Allemagne. En effet, plusieurs experts se souvenaient des effets désastreux d'une telle politique après la Première Guerre mondiale : la question des réparations allemandes avait contribué à la création d'un sentiment d'injustice due aux vainqueurs de la Première guerre mondiale et a facilité la prise du pouvoir par les nazis. L'initiative fut baptisée, par les journalistes, du nom du secrétaire d'État des États-Unis, le général George Marshall, qui, lors d'un discours à l'université Harvard (), exposa la volonté du gouvernement des États-Unis de contribuer au rétablissement de l'Europe. Ainsi dans ce discours, George Marshall affirma : « Il est logique que les États-Unis fassent tout pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle il ne peut y avoir aucune stabilité politique et aucune paix assurée. »

On discute de ses modalités lors de la conférence de Paris, il est signé par 16 pays le .

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1947 la politique des Américains consistait à réduire les capacités productives de l'Allemagne, politique qui empêchait la reprise européenne. Conseillé par le général Marshall et d'autres personnalités officielles ou non, le PrésidentHarry Truman modifia la politique américaine. Le plan fut présenté une première fois par le secrétaire d'état James F. Byrnes au cours d'un discours tenu à Stuttgart le . De plus, le général Lucius D. Clay avait demandé au patron d'industrie Lewis H. Brown (en) de dresser un bilan de la situation économique en Allemagne et d'évaluer les besoins de la reconstruction.

Le plan final est annoncé par Marshall le à l'université Harvard, alors que celle-ci lui décerne un doctorat honoris causa[1]. Jean-Claude Sergeant souligne que « paradoxalement, l’événement passa presque inaperçu. Seuls trois correspondants de presse britanniques en rendirent compte et c’est par hasard, en écoutant la BBC le lendemain, que Bevin eut connaissance de cette proposition historique qui paraissait dénuée de toute arrière-pensée idéologique »[1].

Au Congrès, l'aile républicaine qui prône une politique isolationniste critique un plan qui décide de dépenses massives à l'étranger mais cette opposition s'efface après le basculement de la Tchécoslovaquie dans l'ère d'influence soviétique suite aux événements du coup de Prague. Truman signe le plan Marshall le . Sur le plan économique Charles Kindleberger en fut un architecte clé[2]. Les États-Unis demandent aux États européens de s'accorder entre eux au sein de l'OECE pour établir un plan de reconstruction. L'Administration de coopération économique (ECA) est chargée d'examiner les projets de reconstruction en vue d'accorder l'aide. Du côté soviétique, le Comecon ou CAEM est créé.

Entre 1947 et 1951, les États-Unis consacrent 16,5 milliards de dollars[3] de l'époque (dont onze milliards en dons) au rétablissement de 23 pays européens en réponse à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE, aujourd'hui l'OCDE). Le montant total de l'aide correspondrait à entre 130 milliards et 230 milliards de dollars en 2012[4], soit environ 4 % du PNB pendant cinq ans.

Les Américains ont ainsi contribué à la coopération européenne qui inscrit le plan Marshall en partie dans la politique d'endiguement voulue par le président Truman[5], prélude à la construction européenne (cf.CEE).

La reconstruction européenne, relativement rapide, fut largement stimulée par l'aide américaine, tandis que l'économie américaine évita ainsi la récession à cause d'une surproduction massive qu'aurait pu entraîner la cessation des hostilités[réf. nécessaire].

Le plan Marshall a été rejeté par l'Union soviétique et les pays du futur bloc de l'Est. En effet, Staline craignait que le plan Marshall ne serve à conquérir le glacis de sécurité de l'URSS. L'URSS exerce en conséquence des pressions contre les pays qu'elle occupe et qui avaient montré leur intérêt. L'insistance des États-Unis concernant la libéralisation économique des pays bénéficiant du plan a certainement joué un rôle aussi, le libre-marché étant incompatible avec une économie dirigée. Comme le précise la doctrine Jdanov, chaque État était amené à « choisir son camp ». L'année 1947 est par cet aspect considérée comme le début de la guerre froide. En 1949 commence le Comecon liant les pays de l'Europe de l'Est.

Une première aide financière parvint en Grèce et en Turquie en janvier 1947. Seize pays ont accepté l'aide financière, plus l'Allemagne de l'Ouest à partir de 1949[5].

Entre 1948 et 1951, le PNB de l’Europe de l’Ouest a fait un bond de 32 % (passant de 120 à 159 milliards de dollars) ; la production agricole a augmenté de 11 % et la production industrielle d'environ 40 %[6].

Nature de l'aide[modifier | modifier le code]

Les milliards débloqués ne sont pas un don mais un prêt accordé par des banques américaines avec une garantie des États-Unis. Le mécanisme retenu consistait à fournir un crédit à un État européen. Ce crédit devait servir à payer des biens et services provenant des États-Unis. L'État européen bénéficiaire encaissait, en monnaie locale, le produit des ventes de ces importations sur son marché national, ainsi que les droits de douanes afférents. Parallèlement cet État devait octroyer à des agents économiques nationaux (entreprises ou administrations) des crédits destinés à des investissements d'un montant deux fois supérieur au crédit qu'il avait lui-même reçu (système de la contre-valeur). L'État européen bénéficiaire devait en outre faire la preuve qu'il autofinançait sa part, sans recourir à la création monétaire, donc au moyen de l'impôt ou en recourant à des banques. Par ce montage, les États-Unis encourageaient un effort significatif d'équipement et d'épargne en Europe.

Les principales importations concernent les produits industriels (machines agricoles motorisées, outillage, charbon) devant les produits agricoles (blés, maïs hybrides, tabac…)[7].

Contrepartie prévisible : la plus grande facilité à se fournir en produits importés rendit de ce fait plus difficile le développement de productions nationales concurrentes, et handicapa le développement de quelques firmes (motos Gnome Rhône, scooters Terrot...). Toutefois, à l'inverse, Ford abandonna en France ses activités de construction automobile, dont la célèbre Vedette

Motivations[modifier | modifier le code]

On trouve plusieurs types de motivation :

  • L'Europe est à reconstruire. Ses infrastructures ont beaucoup souffert. L'appareil productif a été partiellement détruit ou surexploité et mal entretenu pendant les hostilités.
    On meurt de froid et on ne mange pas à sa faim en Allemagne, les barrières économiques et les restrictions de commerce avec ce pays forcent ses partenaires commerciaux habituels à détruire des surplus agricoles. Il faut donc rétablir des circuits normaux et éviter que l'investissement ne soit sacrifié à l'urgence d'alimenter les populations.
  • Il s'agit aussi de trouver des débouchés pour les produits américains. Les États-Unis ont connu pendant la guerre une forte croissance liée à l'industrie de guerre et la question à l'étude depuis 1941 à Washington est de savoir comment maintenir le plein emploi après la guerre. La solution mise en place sera, via le plan Marshall de trouver des débouchés à l'étranger financés par des prêts remboursables en dollars. Ces prêts sont émis via la banque mondiale et contrôlés via le FMI (accords de Bretton Woods). La particularité de ces deux institutions est que les États-Unis sont seuls à y avoir un droit de veto, ce qui leur permet de dicter leurs conditions, en particulier, d'obliger les pays européens ruinés à accepter que des conditions soient liées aux prêts du FMI. L'une des conditions de l'époque était que les dettes contractées par le pays recevant cette aide ne soient plus émises dans la monnaie du pays mais en or ou son équivalent en dollars dont le prix était de 34 $ l'once d'or. Ces prêts en dollars sont la garantie pour les États-Unis de ne pas avoir de perte de valeur si les pays emprunteurs dévaluent ; d'autre part les dollars dépensés pour acheter des produits autres qu'américains finiront toujours par revenir aux États-Unis pour acheter des biens américains[8].
  • Enfin la doctrine Marshall matérialise la crainte des Américains que les institutions démocratiques occidentales ne s'effondrent au profit de l'URSS communiste. Par l'aide financière, les États-Unis cherchent à prévenir l'accession au pouvoir des partis communistes en Europe de l'Ouest. Les Américains estiment que la pauvreté de l'Europe, qui fait le lit du discours communiste, doit être résolue.

Contexte : le bilan de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bilan de la Seconde Guerre mondiale.

En 1945, une grande partie du continent européen est ravagée par la guerre : les nazis ont pillé les ressources de la France, de la Scandinavie et de l'Europe de l'Est. Les bombardements ont réduit en cendres de nombreuses villes allemandes (Dresde, Cologne, Berlin…) ou polonaises (Varsovie). Londres a subi la guerre aérienne à outrance et des centaines de milliers de logements ont été détruits. En France, on ne compte plus les villes martyres (Le Havre, Brest…). Une grande partie des canaux, des infrastructures portuaires, des ponts, des voies ferrées sont hors d'usage. De nombreux civils sont sans-abri.

La situation des États-Unis est différente : le territoire américain n'a pas subi de dommages (à part l'attaque de Pearl Harbor). L'agriculture, les réserves d'or et les infrastructures industrielles de ce pays ne sont pas affectées et le pays avait vendu du matériel militaire dans le cadre du « Cash and carry », notamment à la France au début du conflit, ce qui contribua au relèvement économique des États-Unis.

L'endiguement (doctrine Truman)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Doctrine Truman.

Selon le gouvernement américain de l'époque, la situation dramatique dans laquelle étaient les Européens, aggravée par les hivers froids, constituaient le terreau favorable à l'implantation du communisme. Les partis communistes italien et français remportaient en effet des succès électoraux. La doctrine du président Harry Truman est fondée sur l'endiguement (containment) du communisme déjà fortement implanté par la force des armées soviétiques en Europe orientale.

Dépenses générales[modifier | modifier le code]

Des informations de cet article ou de cette section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »(octobre 2014).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références à l'aide d'appels de notes.

Assistance économique, du au (en millions de dollars de l'époque).

PaysTotal (m. $)Dons (m. $)Prêts (m. $)
Autriche677,8677,8--
Belgique-Luxembourg559,3491,368,0a
Danemark273,0239,733,3
France2 713,62 488,0225,6
Allemagne (RFA)1 390,61 173,7216,9b
Grèce706,7706,7--
Islande29,324,05,3
Irlande147,519,3128,2
Italie (incluant Trieste)1 508,81 413,295,6
Pays-Bas (*Indonésie)c1 083,5916,8166,7
Norvège255,3216,139,2
Portugal51,215,136,1
Suède107,386,920,4
Turquie225,1140,185,0
Royaume-Uni3 189,82 805,0384,8
Régional407,0d407,0d--
Total pour tous les pays13 325,811 820,71 505,1

Notes :

  • a. Le total du prêt inclut 65 millions pour la Belgique et 3 millions pour le Luxembourg : le détail de concession entre les deux pays ne peut pas être identifié.
  • b. Inclut un prêt initial de 16,9 millions, plus 200 millions représentant une part partagée proportionnellement des concessions converties en prêts aux termes d'un accord signé le .
  • c. Aides du plan Marshall aux Indes néerlandaises (Indonésie) prolongées aux Pays-Bas avant le transfert de souveraineté du 30 décembre, 1949. Les aides totales pour les Indes néerlandaises sont de :
    Total : 101,4 millions, concessions 84,2 millions, prêts 17,2 millions.
  • d. Inclut la contribution des États-Unis au fonds permanent social européen des syndicats (EPU)[Quoi ?], 361,4 millions; Compte de fret général, 33,5 millions; autorisations européennes d'assistance technique (multi-pays ou régional), 12,1 millions.[réf. nécessaire]

De 1948 et 1951, l'aide américaine s'est élevée à 13 milliards de dollars au total, c'est-à-dire 1,2 % du PNB des États-Unis[5]. Elle a permis à l'Europe occidentale de ne pas s'effondrer et à l'économie américaine de rester prospère[5]. En France, Jean Monnet, premier commissaire au Plan, avait commandé des produits américains (pétrole, nourriture, machines outils), réglés par les États-Unis, puis avait stocké la contre-valeur en francs, que l'inflation avait grignotés. Dans les années 1960, 20 % de la somme prêtée a été remboursée et le solde considéré comme un don.

Critiques[modifier | modifier le code]

Dès les années de mise en œuvre du plan Marshall, des économistes libéraux dits « classiques » en dressent la critique : la subvention américaine des économies occidentales pourrait prévenir les réformes nécessaires telles que l'arrêt de la planification centralisée et la restauration du libre-marché. Parmi ces critiques, on trouve Ludwig von Mises ou Wilhelm Röpke.

Les critiques des années 1980 précisent que la croissance de nombreux pays européens avait été rétablie bien avant l'arrivée à grande échelle de l'aide provenant des États-Unis, et était même rapide chez certains destinataires. Tandis que le plan Marshall soulagea les premières difficultés et le rétablissement des secteurs principaux, la croissance d'après-guerre était en grande partie un processus indépendant[réf. nécessaire]. La première personne à argumenter de la sorte fut l'historien de l'économie Alan Milward (en)[réf. nécessaire]. Les socialistes européens affirmèrent qu'un montant équivalent d'argent consacré à la reconstruction aurait pu être obtenu en nationalisant les possessions de riches Européens ayant déposé leur argent dans les banques des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire]. Enfin les analyses les plus critiques considèrent que le plan Marshall était en réalité un plan de mise sous tutelle économique et culturelle des pays « libérés » par l'armée américaine[9].

Le sociologue Michel Clouscard interprète le Plan Marshall comme un gigantesque Potlatch impliquant la soumission d'abord économique, puis comme contrepartie culturelle, esthétique et philosophique de l'Europe aux Etats-Unis.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

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Un film satirique espagnol intitulé ¡Bienvenido Mister Marshall! (Bienvenue Mr Marshall en version française) fut tourné en pleine période franquiste par Luis García Berlanga, avec l’acteur Fernando Rey comme récitant. On y voit un petit village du centre de l'Espagne s'endetter lourdement et se travestir en village andalou d'opérette pour attirer à lui les capitaux du plan Marshall. Une séquence hilarante montre les rêves les plus fous et les craintes des villageois dans la nuit qui précède l'arrivée de la colonne motorisée qui transporte les dignitaires américains. Le curé craint l'immoralité personnifiée par les actrices hollywoodiennes, le paysan pauvre rêve qu'un avion américain lui parachute un tracteur flambant neuf, d'autres craignent le Ku Klux Klan ou la Commission des activités anti-américaines. Finalement et au grand désespoir des habitants les puissantes voitures américaines transportant le général Marshall et ses aides, escortées par un peloton de soldats montés sur des Harley Davidson, traverse le village en trombe sans s'y arrêter, laissant le village encore plus démuni qu'avant.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le plan Marshall dont le lancement a été contemporain de l'ISO (Organisation Internationale de Normalisation) en 1945 a fortement encouragé la standardisation industrielle et la diffusion d'un modèle homogène de développement industriel et commercial.

Al Gore, juste avant d'accéder à la vice-présidence des États-Unis, écrivit en 1992 un livre intitulé Sauver la planète Terre, l'esprit humain et l'écologie, dans lequel il reprend l'expression « plan Marshall » dans une proposition élaborée afin de lutter contre les problèmes écologiques de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle.

En 2005, la région wallonne a nommé son plan de redressement économique : « actions prioritaires pour l’avenir de la Wallonie », mais il est plus connu sous le nom de « plan Marshall pour la Wallonie »[10]. À la différence du plan de l'après-guerre, qui consistait à injecter de l'argent extérieur, le plan wallon traduit la volonté d'impulser de l'intérieur un rebond rapide par l'exécution de mesures fortes.

Cette action pourrait avoir valeur d'exemple. En effet, le mécanisme visait à faire converger les intérêts et les modes de développement de deux ensembles dont les échanges étaient structurellement déséquilibrés, en créant une écluse, pour éviter une concurrence destructrice et créer un cercle vertueux. Or la question se pose maintenant de manière analogue dans les rapports entre les pays émergents et les vieux pays industriels.

Deux plaques (l'une en français, l'autre en anglais) commémorant le 50e anniversaire du plan Marshall ont été apposées par The American Club of Paris le au niveau du 258, rue de Rivoli à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le plan Marshall et le Relèvement économique de l'Europe », Colloque tenu à Bercy les 21, 22, 23, mars 1991, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 1993, 840 p, (ISBN 2-11-087163-6).
  • Les aides américaines économiques et militaires à la France, 1938-1960, Gérard Bossuat, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 2001, 406 p, (ISBN 2-11-091050-X).
  • L'Europe Occidentale à l'heure américaine, Gerard Bossuat, Éditeur Complexe, 1999, (ISBN 2-87027-431-9).
  • Annie Lacroix-Riz, « Réflexion sur un bilan du plan Marshall, à propos d'un ouvrage récent (de Bossuat) 1992 », dans Textes EuropeConcours 2007-2009.
  • Bruno Colson, La stratégie américaine et l'Europe.
Carte de l'Europe pendant la guerre froide montrant les pays ayant reçu l'aide du plan Marshall.
Enfants allemands sur l'île de Usedom en 1946.
Médaille Commémorative 1982 du plan Marshall.
Le plan Marshall : Aide par pays et par secteurs
  1. a et bJean-Claude Sergeant, « L’anti-américanisme en Grande-Bretagne », Revue française de civilisation britannique, vol. 12, no 1,‎ , p. 115-125 (lire en ligne).
  2. ↑(en)« Charles P. Kindleberger », The Tech, 9 juillet 2003.
  3. ↑Paul Masson, L'aide bilatérale: assistance, commerce ou stratégie ?, Presses universitaires de France, , p. 23.
  4. ↑Selon le site universitaire Measuringworth, 13 milliards de dollars de 1947 correspondent à 134 milliards de dollars de 2012 si on tient compte de l'évolution des prix ; 227 milliards de dollars de 2012 si on tient compte de l'évolution des salaires ; et aux alentours de 200 milliards de dollars de 2012 si on envisage la capacité d'investissement de la somme.
  5. a, b, c et dBernard Vincent (dir.), Histoire des États-Unis, Paris, Champs Flammarion, 1997 (ISBN 2080813765), p. 229.
  6. ↑« Il y a 60 ans, le plan Marshall », Échos des USA, no 8, mars-avril 2007, p. 7 [PDF] (voir archive).
  7. ↑Jean Favier, Karl Ferdinand Werner, Histoire de France, Fayard, , p. 422.
  8. ↑(en) Michael Hudson, Super Imperialism : The Origin and Fundamentals of U.S. World Dominance, Pluto Press, 2003 (ISBN 978-0-7453-1989-6), p. 140.
  9. ↑« Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com(consulté le 12 avril 2017)
  10. ↑Site officiel du plan Marshall pour la Wallonie.
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